Ballon d'or - Ronaldinho, le »laid» que tout le monde aime regarder
»Il est aussi brillant qu'il est laid», plaisante-t-on souvent à propos du Brésilien Ronaldinho, Ballon d'or France Football 2005 dont la dentition saillante, si caractéristique, ne l'empêche nullement d'éclabousser les foules de son immense talent, à commencer par le roi Pelé.
»Je suis un laid sympathique qui, avec le temps, devient beau. A l'arrivée, j'ai l'air d'être beau», reconnaissait récemment Ronaldinho, loin de s'insurger des propos de son camarade de la Seleçao Roberto Carlos: »J'appelle toujours Ronaldo +le laid+. Ronaldinho est +le terriblement laid+. Et moi, ils m'appellent toujours +le nain+. On rigole tout le temps. On est comme ça, les Brésiliens».
Et pourtant, si tout le monde convient qu'il n'est pas franchement un »beau gosse»... on ne se lasse pas de le regarder.
Magicien avec un ballon dans les pieds, il peut tout faire: accélérer et éliminer des défenseurs, et ainsi décider du sort des plus grands rencontres, surprendre n'importe quel gardien avec son pied magique, offrir un ballon de but parfaitement dosé à un partenaire, inventer des dribbles défiant les lois de la gravité ou de l'élasticité des chevilles, et même jongler pendant des heures pour un spot publicitaire...
»C'est le meilleur»
»Ronnie le laid» est d'ailleurs en passe de déboulonner le »beau» David Beckham comme icône publicitaire la plus courtisée du monde. Aujourd'hui ambassadeur de Nike pour le football, il dispose en plus de contrats avec une banque, une marque de lessive, une entreprise de télécommunications, un organisateur d'évenement...
»C'est le meilleur», affirme le »roi» Pelé qui l'a déjà adoubé comme successeur. »Il me ressemble. Il représente bien le Brésil, tout comme moi à l'époque. Il y a des joueurs plus réguliers mais pas plus brillants». »Aujourd'hui, c'est le meilleur», confirme Diego Maradona.
Champion du monde (2002), vainqueur de la Copa America (1999) et de la Coupe des Confédérations (2005) avec le Brésil, champion d'Espagne avec le FC Barcelone la saison passée, Ronaldinho, déjà meilleur joueur FIFpro (le syndicat international des joueurs) en 2005 et joueur FIFA en 2004, peut déjà se targuer d'un palmarès complet où manque simplement une Ligue des Champions.
Précocité
A son talent, Ronaldinho allie en plus la précocité. Car son impressionnante carte de visite, il se l'est forgée à 25 ans seulement.
Né le 21 mars 1980 à Porto Alegre (sud du Brésil) dans un milieu pauvre, orphelin de père à 8 ans, Ronaldo De Assis Moreira a débuté le football à l'âge de 7 ans au Gremio, un des deux grands clubs de la ville. Il a ensuite passé tous les niveaux du club pour devenir la star du championnat de l'état. Il hérite ainsi du nom de Ronaldinho Gaucho (du Rio Grande do sul, état dont Porto Alegre est la capitale), Ronaldinho tout court étant alors le surnom de Ronaldo le double Ballon d'or (1997, 2002) actuellement au Real Madrid.
Courtisé par toute l'Europe, il atterrit au Paris SG, à 21 ans, au terme d'un transfert en forme de feuilleton en 2001. Ses deux ans au PSG laissent un goût d'inachevé: sous l'irrégularité de ses performances, on perçoit la star naissante et l'immense talent sans toutefois vraiment en profiter. Le club ne gagnera aucun titre lors de son passage, se contentant de quelques éclairs de génie de »Ronnie» et d'une finale de Coupe de France.
En 2003, Ronaldinho prend son envol pour Barcelone (et le PSG empoche 30 M EUR). La première année, il séduit sans non plus pouvoir étoffer le palmarès du club.
Mais en 2004-2005, il contribue grandement à mettre fin à six ans de disette au Barça, offrant la Liga aux socios catalans. Fatigué en C1, il tombe sur l'os Chelsea. Nul doute qu'à l'avenir, +Dinho+ offrira d'autres joies au Barça. Le règne du »roi laid» commence à peine.
mOi persO j'm pas du tOut mais bOn ..